Que des personnes fassent le sale boulot
Par Ayoub - Kingstoune, jeudi 24 mars 2005 à 16:17 :: Pensées :: #18 :: rss
J’ai regardé hier une émission sur 2M traitant de la fuite des cerveaux marocains, de l’émigration de ce nombre incroyable de personnes (hautement) qualifiées marocaines.
Certaines personnalités marocaines, entre autres notre cher ministre EL Gahs. L’émission s’intitulait En Direct Avec Vous, et je vous avoue que pendant les premières minutes, ils (les invités) étaient loin d’être avec Nous, que ce soient les premières idées développées, ou l’absence de personnes qui étaient liées à ce problème, ; un diplômé chômeur par exemple.
Donc, comme je le disais, au début il régnait une certaine cacophonie agrémentée d’une de quelques idées pour être politiquement Correct.
Je me suis dit, que l’émission serait toutefois intéressante, histoire de savoir ce que racontaient nos chers zoms politiques et hauts placés.
Je ne fus pas déçu, je l’avoue ... puisque le débat s’est enflammé ensuite, et on entendait çà et là quelques idées qui était intéressantes, en dépit de phrases sans intérêt, et quelques dénigrements inutiles.
Ces idées-là rejoignent mon idée sur les raisons poussant nos compatriotes à se casser. Je ne vais pas, dans cet écrit, parler des chômeurs et des diplômés chômeurs, qui attendent la pluie pour être embauchés, ou ont perdu l’espoir puisque le marché du travail n’est pas des plus riches. Je vais me limiter à ceux qui ont déjà un travail. Je pense que tout a un lien avec la Satisfaction. Le Marocain, que ce soit un salarié de l’Etat ou employé d’une entreprise, n’aime pas son travail, le job qu’il fait, et oh combien de fois, nous voyons des gens qui ne vont au boulot, si on peut appeler cela boulot, que pour passer des heures, alors que la satisfaction au travail est une condition sine qua none pour que cet employé apprécie son job, soit productif et y reste.
La Satisfaction, pour moi, se divise en deux (voire trois niveaux).
Le premier niveau est la satisfaction matérielle. Les Marocains, comme le dit si souvent mon ami Tikh, sont des KHOBZIVORES (pour les incultes, painivores). Cela veut dire qu’un job doit apporter tout d’abord une ressource importante : L’argent, Lflouss, l’oseille, le blé… pour ainsi mener une vie décente, voire tranquille. Une vie décente veut dire : avoir un toit, pouvoir manger à sa faim, ne pas avoir une crise cardiaque si quelqu’un dans la famille tombe malade faute des moyens pour le soigner (puisque au Maroc, la santé n’est pas encore un droit) et surtout faire face aux besoins naissants au sein de la société. Or, ce n’est pas une nouvelle, que ce soit au sein des PME, grandes entreprises ou la fonction publique, le Marocain est mal payé, sous payé… des salaires qui laissent à désirer. Donc insatisfaction, surtout pour quelqu’un de qualifié et conscient de ses capacités. Donc frustration. Donc « Y en a marre ». Donc « je me casse dès que je peux ».
Le deuxième niveau de la satisfaction qui vient juste après l’argent est le travail lui-même. Il y a des personnes qui gagnent de façon décente, certaines sont aisées, mais n’aime pas leur travail. Les raisons sont multiples. Les évolutions sont limitées à quelques modiques augmentations de salaires sur plusieurs années, le travail répétitif et ennuyant, et je pense, le plus important, l’inexistence d’un champ où l'on donne à l’employé les moyens pour développer son esprit d’initiative. On gèle tout changement. C’est ce qui caractérise d’ailleurs la PME marocaine, et qui la laissera toujours une PME, c'est-à-dire, petite entreprise : il n’y a pas de managers, mais souvent des « possesseurs de cartables » (S7AB CHOUKKARA) qui pensent que tant que ça marche ainsi,ça marchera demain et après demain, pourquoi alors se casser la tête à changer les choses (Aniss, si tu me lis
…). Comment alors quelqu’un avec un esprit ambitieux, qui veut réaliser quelque chose dans sa vie, qui veut s’épanouir dans son travail accepterait une telle situation ? Une personne qui veut que les choses soient meilleures, mieux faites. (Bien sûr, faute de mieux, et connaissant le marché, on ne peut pas prendre le risque de quitter son job).
Et enfin, le troisième niveau, et le dernier, est l’environnement de travail, de vie … Il y a beaucoup de personnes qui ont envie de plier bagage et partir, parce que la vie au Maroc laisse à désirer et l’atmosphère y est souvent étouffante. J’avoue que les activités sont limitées au Maroc, les choses bien sûr commencent à changer, mais l’épanouissement de l’Etre et de l’Individu n’est pas commun dans notre culture et est absent dans le cahier de charge de l’Etat pour les années à venir.
C’est malheureux avouons-le.
Donc, comment faire changer les choses ?
Il y eut une idée que j’ai retenue, et qui m’a marquée hier. Il faut qu’il y ait des gens qui commencent à faire changer les choses ( dans leur entourage , proche ou pas, dans leurs entreprises , etc ... ) en dépit de toutes les contraintes sociales, culturelles, économiques et politiques. Il faut qu’il y ait des gens qui croient en leur pays et fassent le mieux possible pour faire évoluer l'environnement de travail en donnant l'exemple, pour construire un Maroc meilleur , plus attractif, dont on peut être fier, malheureusement pas pour eux, mais pour leurs enfants, parce qu’un Maroc meilleur et beau n’est pas pour demain.
Il faut qu’il y ait des gens qui fassent le sale boulot.
Faisons ce sale Boulot !!

Commentaires
1. Le jeudi 24 mars 2005 à 16:20, par Nadir :: site
2. Le jeudi 24 mars 2005 à 16:21, par Nadir
3. Le jeudi 24 mars 2005 à 18:05, par Bsimo
4. Le jeudi 24 mars 2005 à 21:07, par anouar :: site
5. Le vendredi 25 mars 2005 à 01:59, par Taher ALAMI (STAR) :: site
6. Le vendredi 25 mars 2005 à 12:02, par H.C. :: site
7. Le vendredi 25 mars 2005 à 19:17, par N.E
8. Le vendredi 25 mars 2005 à 19:22, par Ayoub BACHERKI :: site
9. Le samedi 26 mars 2005 à 16:06, par Aniss
10. Le vendredi 22 avril 2005 à 10:10, par laseine (dicewoman) :: site
11. Le vendredi 10 juin 2005 à 20:05, par mohamed
12. Le lundi 25 septembre 2006 à 03:49, par Asamir
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