Arrivé à Corvisart, je fis la queue et quelques minutes après me voilà embarqué dans le métro avec une dizaine de personnes.

Jusque là, rien de plus normal. Je me tenais debout avec peine, me balançant à cause de la moindre secousse de ce train.

Toutefois, aujourd'hui, un fait m'a marqué, m'a choqué ... La rame de ce métro était incroyablement calme... Le walou aérien comme l'aurait dit notre cher Gad El Maleh; les gens écoutaient, imperturbables et flegmatiques leurs musiques, lisaient un des journaux gratuits ou tout simplement regarder d'un regard vide les quelques graffitis dans ce tunnel de cette ligne 6.

J'avoue que c'est la première fois que je remarque cette ambiance silencieuse, un silence de mort, quoique je sois un habitué de l'atmosphère marocaine; c'est à dire des gens qui parlent fort (entre eux ou sur leurs portables) , pointent du doigt ou traquent le moindre incident.

J'ai cru un moment que ces gens là étaient d'une secte nouvelle ou étaient en méditation collective.

Mais il n'en fut rien.

Elles n'avaient rien ces gens là...

Chacun ses soucis, ses problèmes, ses ambitions, ses joies, ses malheurs...

En tout cas, l'enveloppe humaine qui couvrait chacune de ces âmes n'en montrait rien.

J'ai continué à savourer seul et égoïste ma musique, en attendant impatiemment d'arriver à destination.

Et une autre journée commença...